La naissance de place Wilson à Toulouse
Une place plus vaste plus agréable

Profitant du projet de destruction des remparts, Jacques-Pascal Virebent, toujours architecte de la ville, propose dans une lettre au maire datée du 13 avril 1805 de faire une place « plus vaste et plus agréable ». Plus de rempart, on oublie donc la porte monumentale, et on envisage un grand ovale, d’où partiront en étoile des avenues se dirigeant vers le centre-ville et les quartiers périphériques, et toujours une grande promenade vers le canal du midi. La municipalité transmet le nouveau projet au Préfet. Il l’approuve en 1806. Les citoyens  auxquels les emplacements ont été cédés vont bientôt pouvoir construire, en se conformant au cahier des charges.

Dans le même temps, la mairie demande à Jacques-Pascal Virebent de travailler au projet de la place de la mairie. Il s’agit de monter des façades uniformes au nord, au sud et à l’ouest de la place, pour être en harmonie avec la façade du Capitole. Virebent s’inspire des plans qu’il a dessinés pour la place Wilson. Il s’est inspiré du style de l’hôtel de Malte (le prieuré hospitalier de Toulouse, rue de la Dalbade), « la plus belle façade qui existe à Toulouse (…) composée d’après le style des beaux palais d’Italie, ceux-ci (…) présentent partout de grandes lignes, des fonds lisses sur lesquels se détachent sans confusion les membres d’architecture dont ils sont ornés, des croisées d’un profil élégant dont les appuis sont souvent continus et liés, partout une simplicité noble et séduisante » écrit-il au chef de l’exécutif municipal.

Le goût pour l’architecture romaine était tout à fait dans l’air du temps lorsque Jacques-Pascal Virebent avait effectué les premières esquisses me concernant. A la fin de ses études, il avait effectué un voyage en Languedoc et Provence, il avait pu « s’approprier les belles formes, l’aspect pittoresque des précieux monuments que notre patrie renferme encore et les plans, (…) et surtout les belles aquarelles qu’il rapporta de son voyage (…) fixèrent son goût et donnèrent dans la suite à ses compositions une fermeté, une élégance mâle et sévère, que l’on semblait alors avoir totalement rejetées de l’architecture moderne. », ainsi s’exprimera quelques années plus tard l’historien et archéologue toulousain Alexandre Du Mège.

Crédit Photo: Archives Municipales de Toulouse – 64Fi751-Achèvement-de-la-place-dAngoulème

 

 

 

 

Hervé Marcé
Vidéaste & documentariste depuis 1988 —