La naissance de place Wilson à Toulouse
Un destin tragique et un citoyen

La révolution apporte son lot de complications à la construction de la place. Un exemple parmi d’autres. Sous la Terreur, Joseph de Rigaud (1748-1794) qui fut le premier maire de Toulouse du 28 février 1790 au 1er août 1792 sera victime de la loi des suspects. Cette loi, en vigueur de 1793 à 1795, permet l’arrestation sans motif ni preuve de tous ceux « qui n’ont pas constamment manifesté leur attachement à la révolution ».
Arrêté suite au mandat délivré par le tribunal révolutionnaire de Toulouse, Joseph de Rigaud est incarcéré. Il sera transféré à Paris, jugé et exécuté en place publique le 20 avril 1794.

Au long de ces années agitées, la zone où les travaux avaient débuté est devenue insalubre. Les décombres sont restés. On a pris l’habitude de déposer les immondices des quartiers alentour. Des gens mal intentionnés ont établi leur repaire et l’accès à la ville est réputé dangereux à cet endroit. Les habitants et les pouvoirs publics s’en émeuvent. Mais la ville manque cruellement de l’argent nécessaire et ne peut envisager de constructions nouvelles. Quant aux citoyens, ils semblent peu à même d’acquérir à titre onéreux les terrains à bâtir. Un sieur Victor Delmas se propose de sauver la situation. En échange de la cession gratuite de l’endroit, il se chargera d’y construire sous trois ans des maisons et des établissements conformes au plan arrêté (un projet réduit et limité à la place intérieure). La municipalité est ravie et donne un avis favorable.

Crédit photo: Portrait de Joseph de Rigaud – Ville de Toulouse Musée des Augustins

 

 

 

 

Hervé Marcé
Vidéaste & documentariste depuis 1988 —