La naissance de place Wilson à Toulouse
Un disparu et des tribulations

En l’an IX du calendrier républicain soit trois ans après s’être engagé à construire à ses frais des bâtiments, le sieur Delmas a disparu sans laisser d’adresse et n’a pas réalisé la moindre construction. Le pacte est caduc et le 13 Nivôse de l’An IX (3 janvier 1801), les magistrats municipaux décident de donner le terrain aux particuliers qui désireraient construire.

Trois ans s’écoulent encore, consacrés aux tracasseries et paperasseries diverses échangées entre le Conseil municipal, le Préfet, le Directeur de la Régie de l’enregistrement et du Domaine national, et le Ministre de l’intérieur ; ce dernier met en avant une loi d’août 1793, aux termes de laquelle tout ce qui appartenait aux communes devenait propriété nationale. C’est alors que deux conseillers municipaux proposent de modifier les plans, de déplacer l’axe de la place pour qu’il soit dans le prolongement de la place de la mairie, voire d’ériger deux portes de fer à l’entrée de chacune des rues principales et d’élever un monument en face de la porte du milieu. Le maire leur fait entendre raison, à modifier le plan autorisé, on risque de n’en plus sortir.
En 1804, le Régime impérial est instauré le 18 mai. Il imprime aux administrations un rythme accéléré. Les transmissions épistolaires sont plus rapides et les travaux poussés plus activement. On projette de détruire une partie des remparts médiévaux de Toulouse, ce qui permettra de construire, en lieu et place des fossés et fortifications, des boulevards qui ceintureront le centre-ville.

Crédit Photo: Jacques-Louis David Sacre de l’empereur Napoléon et couronnement de l’impératrice Joséphine – RMN-Grand Palais

 

 

Hervé Marcé
Vidéaste & documentariste depuis 1988 —