La naissance de place Wilson à Toulouse
Un architecte tenace.

Les derniers immeubles de la place sont achevés en 1834, trois ans après la mort de l’architecte de la ville: Jacques-Pascal Virebent. Il occupera ce poste durant près d’un demi-siècle, et il aura fallu toute sa passion et sa ténacité pour que la place voie le jour. Les travaux ont débuté sous l’ancien régime ; ils s’achèvent sous la monarchie de juillet après avoir connu, entre autres, une révolution, un empire et une restauration. Le portrait de Jacques-Pascal, peint peu avant sa mort par Joseph Roques, le montre tenant entre ses mains le plan de la place.

La future Place du Capitole (elle ne prendra ce nom qu’en 1848) est elle encore en travaux à la mort de Jacques-Pascal. La partie nord sera achevée en 1835, et la partie ouest sera conçue par un autre architecte, qui changera le plan d’alignement. Les façades seront ensuite enduites de blanc, comme le Capitole.

Conformément à la vieille ordonnance des capitouls, reprise par la municipalité toulousaine, les façades des immeubles qui bordent la place — qui s’appelle alors place d’Angoulême, en hommage duc d’Angoulême, Louis de Bourbon, dernier dauphin de France — doivent être, elles aussi, badigeonnées à la céruse, afin de « dissiper les ténèbres de la nuit, priver les méchants de ce voile qui couvre leur forfait, et offrir l’avantage au citoyen d’être sans trembler et sans danger ». Mais il y a aussi le désir d’imiter la pierre, jugée plus noble que la brique avec laquelle sont faites les constructions toulousaines, et l’idée que le blanchiment des façades fait ressortir le bon goût de l’architecture. Ce badigeon ne sera appliqué à l’ensemble du bâti qu’en 1840, ce qui donnera à Stendhal le temps d’admirer « la belle brique rouge » qui lui rappelle la Lombardie qu’il aime tant, et de s’indigner que l’on songe à la masquer.

Crédit Photo: Jacques-Pascal Virebent par JosephRoques

 

 

Hervé Marcé
Vidéaste & documentariste depuis 1988 —